Exposition "Les Rosières, une tradition revisitée"

05 juin > 01 novembre

 Pôle de la Porcelaine

Le Pôle de la Porcelaine proposera du 5 juin au 1er novembre une exposition consacrée aux Rosières.

La légende affirme que Saint  Médard, évêque de Noyon, en  serait à l’origine. En 530, il aurait  couronné de roses sa sœur Médrine, jeune fille particulièrement vertueuse à Salency, village natal de Saint 
Médard, situé dans l’actuel département de l’Oise. Puis la coutume s’est étendue à d’autres communes alentours.

En 1776, sous la plume de Madame de Genlis, la Rosière de Salency acquiert une renommée nationale voir internationale. Chaque ville, bien au-delà de la Seine, organise alors sa fête de Rosière, fête à la fois religieuse et paysanne.

Sous l’Empire, à l’occasion des principales dates marquantes pour l’Empereur, le jour du sacre en 1804, la victoire d’Austerlitz en 1805, celui-ci ordonne que ces anniversaires soient marqués par des actes d’humanité et de bonté paternelle envers les jeunes filles pauvres et vertueuses dans chaque arrondissement de l’Empire. Des mariages sont organisés entre soldats vétérans et jeunes filles  désignées par le Conseil municipal. Ces mariages dits de « Rosières » permettent à des couples modestes d’obtenir un pécule par le biais de la dot délivrée par la municipalité et sont l’occasion de fêtes dans le village.

La deuxième moitié du XIXe siècle voit l’explosion des couronnements de Rosières. Chaque commune a sa Rosière, ce qui fera dire à Jules Noriac : « Il pleut des Rosières » dans Le Courrier de Paris, le Monde illustré, 4 juillet 1874. Le déroulement des fêtes est détaillé dans chaque journal, dans chaque gazette. Ecrivains, humoristes, chansonniers, agacés ou amusés s’en donnent à cœur joie et parodient les écrits louant les jeunes filles. Le monde des lettres, de la musique, du théâtre s‘empare du phénomène, il suscitera également de l’intérêt auprès des cinéastes, documentaristes, ethnologues qui en ont fixé le souvenir des décennies plus tard.

Du milieu du XIXe siècle à nos jours, l’organisation de la fête et le financement des dots restent les mêmes : un généreux donateur lègue ses biens à la commune sous certaines conditions : offrir une dot à une jeune fille pauvre et vertueuse, qui devra fleurire annuellement sa tombe. Grâce au legs de 20000F de Catherine Pateux en faveur de la commune de Mehun-sur-Yèvre en 1882, on procèda à l’élection de la première Rosière.

En application du testament, chaque année, la ville couronne une Rosière. Mehun perpétue cette fête républicaine en adaptant les traditions à l’évolution de la société.   2021 verra le couronnement de Mylène, 139e Rosière de Mehun-sur-Yèvre.